Au menu de ce conseil municipal, qui aura duré 5 heures, le budget et la dérive autocratique du maire Rassemblement National de Moissac .

Concernant le budget,l’opposition dénonce le maintien des taux d’imposition alors que le budget 2021 prévoit une baisse de 3 millions d’euros des investissements communaux. Le maire ironise sur sa promesse électorale de baisser les impôts en précisant qu’il n’a jamais donné de date. Ne vous étonnez donc pas si cette baisse d’impôt survient uniquement la dernière année du mandat avec une visée électoraliste.

L’intervention de l’opposition sort l’assemblée de sa torpeur après une présentation du budget 2021 récitée sans conviction par le 1er adjoint. Nous avons en effet dénoncé un budget d’austérité qui porte un frein au développement économique de notre ville. Budget complètement à contre-temps alors que plusieurs plans de relances permettent cette année aux collectivités de porter des projets innovants.

Nous avons également dénoncé une communication politique mensongère et  racoleuse: « Mission : sauver le cloître » annonce le dernier Moissac Mag alors même qu’aucune ligne budgétaire n’est affectée à la rénovation de cet édifice.

La centralisation des pouvoirs entre les mains du maire, la deuxième partie de ce conseil municipal acte la construction d’une politique menée exclusivement par le maire, pour le maire et au nom du maire.

Romain Lopez met fin à la politique sociale de la commune construite autour du centre communal d’action sociale et associant professionnels du social, citoyens et associations de la ville. Il démantèle les services du CCAS pour les transférer en mairie à compter du 1er avril. Quand l’opposition dénonce l’accaparement par le maire de l’action sociale, Romain Lopez déclare « c’est moi le chef ». Moissagais, soyez scandalisés si un refus non justifié vous est opposé à votre demande de place en crèche, à votre demande d’aide sociale, à votre demande de logement social car c’est un maire  Rassemblement National qui décide désormais seul et sans autre critère que son bon vouloir.

Romain Lopez distribue de la même façon les subventions aux associations, sans aucune lisibilité sur les critères d’attribution ; il précise juste qu’elles sont attribuées en fonction des demandes. Au bon vouloir du chef finalement ! Quand l’opposition demande quels ont été les critères on lui répond que l’on verra l’année prochaine. Cette année les économies faites avec l’abandon de l’association MCV ont permis de servir largement tout le monde. Clientélisme ?

Romain Lopez demande ensuite l’attribution d’un nouveau pouvoir de sanction : le rappel à l’ordre. Cette mesure est une autorisation donnée par le procureur de la République au maire pour effectuer, en mairie, une remontrance officielle à un administré portant atteinte au bon ordre, à la sécurité ou à la salubrité publique.  Si les élus de TEMS sont favorables à cette mesure alternative aux poursuites pénales ils dénoncent l’utilisation que pourrait en faire le maire actuel de Moissac.

Habitué à se mettre en scène dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux lorsqu’il utilise son pouvoir de police, la sécurité devient pour Romain Lopez un outil de communication centré sur le culte d’un maire rassemblement national.

De plus pour Romain Lopez, le rappel à l’ordre serait un moyen de poursuivre des comportements non réprimés par la loi pénale comme l’absentéisme scolaire, en toute illégalité.

Lorsque les élus de TEMS signifient au maire leur opposition à une mesure susceptible de toutes les dérives entre ses mains, le maire déclare avec une certaine ironie « vous me traitez donc de fasciste » sous les applaudissements de sa majorité.

Il est alors minuit et malgré une politique lepéniste qui se met en place dans la ville, Moissac s’est endormie.