Réunion publique du 2 octobre 2019

MOISSAC, VILLE AGRÉABLE ET DURABLE

Innover en transport, énergie, urbanisme

Centre culturel Henri Ena  – 30 participants

Les réunions publiques de TEMS ont pour but de débattre des axes du projet pour Moissac préparés par les membres du collectif. Il n’est pas question d’y présenter un programme, mais d’y discuter et recueillir des propositions venant du plus grand nombre de personnes possibles.
A l’issue de ces réunions, le 23 octobre, une synthèse construite autour des 9 axes d’action sera présentée, ce sera la matière du projet programme que TEMS proposera et défendra lors des prochaines élections municipales à Moissac.

Ce projet se veut être le plus pertinent par rapport aux spécificités de Moissac et de son environnement, loin des programmes tout faits plaqués sur des réalités urbaines souvent très différentes

I ENERGIE

Robert (TEMS) : Moissac doit devenir une ville à haute qualité environnementale. La SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) ENERCIT est venue nous présenter le projet d’une coopérative permettant de capter le flux solaire pour le transformer en énergie. Une bonne partie des gaz à effet de serre est produite par la ville et par la mauvaise gestion des déchets.

Quels sont les moyens possibles pour avoir une ville agréable, durable et transmissible ?

Jean François (ENERCIT) : les énergies renouvelables ne peuvent pas, à elles seules, remplacer les énergies traditionnelles si on ne réduit pas notre consommation.

En Allemagne 51 % des énergies renouvelables sont détenues par les citoyens. En France ce sont des grands groupes fournisseurs d’électricité qui détiennent le marché de l’énergie renouvelable. C’est du pipeau car ils achètent de l’électricité nucléaire pas chère et achètent des compensations, y compris à des producteurs d’énergies renouvelables en dehors de la France. A l’inverse, en investissant dans l’éolien pour avoir des certificats environnementaux, ENERCIT propose de l’énergie renouvelable gérée par des citoyens.

Françoise (ENERCIT) : ENERCIT est une coopérative. Le projet est né en 2015 suite à un appel de la région pour développer l’économie sociale et solidaire. Nous avons remporté l’appel à projet. On a monté une association ENERCIT82 puis en 2017 une coopérative. Actuellement 12 centrales solaires sont en service. Le financement d’ENERCIT provient de parts sociales, de crédits de banques et de subventions de la région. La région donne ses subventions en fonction des parts sociales acquises par les citoyens.

Christian (ENERCIT) : les municipalités ne se sont pas encore emparées des énergies renouvelables.

Eric (TEMS) : peut être parce qu’il y a de la méfiance ?

ENERCIT : ça ne coûte rien d’installer quelque chose sur son toit, c’est la coopérative qui paye. Les communes qui ont participé à ce projet citoyen ont toujours eu un retour financier positif. En plus, dans les projets citoyens il y a de l’information, ce que ne délivrent pas les grands groupes. Avec le mouvement des gilets jaunes, on a bien vu que les citoyens souhaitaient plus de participation et d’information.

Daniel (TEMS) : qu’en est-il de l’implantation de panneau photovoltaïques dans les villes assujetties à un périmètre protégé par les architectes des bâtiments de France ?

Jean François (ENERCIT) : je n’y ai pas encore été confronté mais je pense qu’il faut discuter avec l’architecte des bâtiments de France. Nous sommes des militants, tout se négocie.

Gérard (TEMS) : tu as parlé de 70 % de l’effet de serre qui vient des villes, qu’est ce que veut dire ce chiffre

Robert (TEMS) : ce chiffre a pour objectif de montrer l’impact d’une ville dans la production de CO2

Maximilien : la démarche d’ENERCIT est intéressante mais pour moi l’énergie doit être publique. En privatisant les entreprises l’État a perdu la main sur l’énergie. Comment mêler l’engagement citoyen et l’action municipale ? Il faut que tout le monde soit associé, il faut de la pédagogie or les citoyens ont un relais pour obtenir de l’information, c’est la mairie.

Jean François (ENERCIT) la région propose des appels à projets pour les collectivités. Montech y a répondu, il faut peut-être étudier ce cas. A l’école de Lunel, ENERCIT a posé des centrales solaires, financées par ENERCIT. La commune de Lafrançaise est devenue sociétaire de la coopérative.

ENERCIT : la commune peut faire comprendre aux citoyens que c’est de leur intérêt de produire leur électricité. Quand on est maître de sa production, on est maître de son coût.

Jean François (ENERCIT) : on est là pour aider d’autres groupes à se créer, on est dans l’économie locale et solidaire.

ENERCIT : on peut envisager de l’hydroélectrique.

Jean Luc (TEMS): A Moissac, l’hydroélectrique est plus intéressant que le photovoltaïque, dispositif interdit en raison du périmètre historique. Mais pouvons utiliser le courant du Tarn.

Gérard (TEMS) : il ne faut pas compter que sur les individus, il faut compter sur les municipalités

Daniel (TEMS) : en dehors des appels à projets, existe-t-il d’autres dispositifs pour les municipalités ? Peut il y avoir un travail entre une collectivité et vous ?

ENERCIT : oui en devenant actionnaire sociétaire d’ENERCIT. Actuellement un projet est en cours avec la ville de Toulouse sur le site d’AZF

Daniel ( TEMS) comment une collectivité peut elle arriver à gérer la surproduction d’électricité ?

ENERCIT : pour l’instant toute l’électricité produite est utilisée dans le réseau. On travaille avec ENERCOOP. Dans la ville de Lorient, la coopérative loue à la ville un bâtiment sur lequel est posé une centrale dont la ville auto-consomme l’électricité.

Maximilien : nous avons l’exemple d’une centrale qui ne produit que 50 % de ce qu’elle devrait. Il existe un syndicat d’énergies qui nous a apporté la centrale de Golfech.

ENERCIT : entre nous on parle de récupérer des petits moulins mais on manque de bras

Estelle ( TEMS) : j’aimerai qu’on définisse le rôle de ce syndicat d’énergie

ENERCIT : toutes les communes du 82 sont adhérentes à ce syndicat. Ce syndicat a pris 25 parts sociales chez nous. Nous souhaitons que les collectivités s’impliquent dans les projets militants.

Robert (TEMS) : votre premier projet était de fabriquer du carburant avec de l’huile de colza

ENERCIT : on a fait se rencontrer des personnes d’univers différents. On a créé une AMAP énergie avec des agriculteurs et des non agriculteur et on a produit local, sans concurrence avec la consommation alimentaire de cette huile. A St Porquier une personne fait de l’énergie avec du bois. Il voulait intégrer son énergie dans le réseau mais il n’a pas pu parce que son procédé ne rentre dans aucune catégorie.

Maximilien : intégrer dans un programme municipal la capacité à produire de l’énergie renouvelable est important, notamment lorsque cette politique s’adosse sur l’urbanisme. A Moissac la problématique ce n’est pas uniquement la construction neuve mais aussi et surtout la rénovation de logements anciens

Robert (TEMS) : il existe des dispositifs pour isoler les logements anciens

Franck (TEMS) : il y a sur Moissac de nombreux logements qui sont des passoires énergétiques. On a un travail d’éducation et de rénovation à mener

Robert (TEMS); si on isole suffisamment le bâti, on diminue la consommation d’énergie. Il y a quelques années les agendas 21 ont permis de faire un état des lieux. A moissac l’agenda 21 n’a pas été utilisé

ENERCIT : on travaille également avec les communes sur l’extinction des lumières la nuit. Par exemple les illuminations de Noël n’ont pas besoin de fonctionner toute la nuit .

Gérard (TEMS): les ACT organise une nuit sans lumière

Véronique (TEMS) : cette action s’appelle « le jour sans la nuit », nous sommes les seuls à proposer cette action dans le Tarn et Garonne.

Question : concernant l’isolation à 1€, c’est une arnaque ?

Ignace (TEMS) non et ce n’est pas soumis à revenu. TOTAL à la place de payer des amendes a ouvert ce dispositif à tous et ils ne prennent plus en compte les revenus.

Daniel  (TEMS): quoi qu’on en dise, c’est soumis à condition de ressources. Ensuite les matériaux d’isolation utilisés ne sont pas des matériaux très protecteurs de l’environnement.

Ignace (TEMS) : avant c’était soumis à condition de revenu. Plus maintenant

Estelle  (TEMS): pour faire le lien avec le transport, il y a une route qui reste illuminée toute la nuit, c’est la route qui conduit à la nouvelle caserne des pompiers

Jean Luc  (TEMS): le problème des lumières c’est qu’elles sont nécessaires pour lutter contre le sentiment d’insécurité la nuit. Une rue mal éclairée est anxiogène.

Gérard  (TEMS) : tu as raison mais on peut mettre des lumières qui s’éteignent quand il n’y a personne ou bien il existe des ampoules qui ne consomment rien

II TRANSPORT

Daniel (TEMS) : avant une trame de 400m était étudiée pour que les gens circulent sans voiture. Aujourd’hui comment favoriser les déplacements doux à Moissac ?

Estelle (TEMS) : Rezo pouce, qui est aussi une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) permet de partager les transports du quotidien. Rezo pouce s’oriente de plus en plus sur le fonctionnement de blablacar mais concernant des transports locauxRobert (TEMS) : c’est d’abord auprès de la jeunesse et des lycées que nous devons oeuvrer pour une politique transport avec Rezo pouce

Gérard (TEMS) : je ne vois pas les panneaux Rezo pouce, les personnes que je prends en stop ne connaissent pas rezo pouce. Ensuite entre Moissac et la campagne, notamment Montesquieu, le transport est limité au transport des élèves.

Maximilien : on ne peut pas développer Rezo pouce auprès de jeune car il y a un problème de responsabilité à prendre un mineur dans sa voiture en l’absence d’autorisation expresse des parents. Le transport à la demande permet de déplacer des personnes qui ne sont pas mobiles dans les trajets du quotidien, comment nos jeunes iront-ils à la piscine intercommunale ?

Estelle (TEMS) par le canal, à vélo

Françoise : je trouve que Rezo pouce ne fonctionne pas bien car il n’y a pas de solution Moissac intra-muros, il n’apporte pas non plus de solution aux « longs » trajets dans le Tarn et Garonne. Le conseil régional finance des bus pour la distance Castelsarrasin-Montauban, existe-t-il la même chose à Moissac ? Je remarque que ces bus circulent à moitié vide. Sont ils vraiment utiles ?

ENERCIT : ce sont les bus LIO, on ne sait pas où se trouve les arrêts de ces bus

Maximilien : il faut, dans notre territoire, une boucle de transport permettant de relier les villages aux villes et aux services publics. Ce transport serait pour tous. Si on enlève les bus LIO il va y avoir un déficit de transport. Ces bus ont été mis en place par la région pour pallier au carence du train.

ENERCIT : il faut améliorer le réseau de pistes cyclables dans nos villes. On peut penser au vélo électrique. Dans certains pays, comme la Belgique, il y a des parkings à vélo aussi grands que des parkings à voiture .

Robert (TEMS) : il faut créer des circulations différenciées. Notamment des axes vélo du Brésidou au Moulin et de Cadossang à Montebello.

Ignace (TEMS) : la piétonisation des récollets permettrait d’améliorer la circulation piétonne

Françoise : la création de parking vélo et la sécurisation des axes pourrait être une proposition de la municipalité.

Intervention : il n’y a pas assez de place pour se garer en ville. Aller chercher des plateaux de fruits chez un primeur du centre ville à pied, c’est compliqué

Robert (TEMS) : il ne faut pas proposer une piétonisation punitive. Il faut créer des spots pour déposer et récupérer ses courses.

ENERCIT : à Castres des infrastructures ont été prévu pour les vélos

Daniel (TEMS) : la ville de Berck met à disposition des cycles permettant des transports jusqu’à 9 personnes. c’est le principe du triporteur sur lequel on peut déposer ses courses. On peut aussi envisager les taxis-vélos. La ville aujourd’hui n’est pas conçue comme un lieu de déambulation et d’échange, mais comme un lieu qu’on traverse pour se rendre d’un point à l’autre.

III URBANISME

Eric (TEMS) : il faut que Moissac travaille sur son logement qui est une passoire énergétique. Sur l’espace public, il faut repenser l’aménagement des rues pour la circulation des piétons et des vélos.

Marie (TEMS) : 20 % de logements sont vacants au coeur de Moissac, sans parler des logements vétustes. Comment innover dans la rénovation de ces logements ?

Gérard (TEMS) : peut être créer de nouveaux quartiers. Pourquoi ne pas avoir le droit de construire à Moissac ?

ENERCIT : il va y avoir un téléphérique à Toulouse, pourquoi pas à Moissac ?

Daniel (TEMS) : à Montmartre le funiculaire marche bien parce qu’il est utilisé par des touristes et non pas des habitants du quartiers qui cherchent à aller à un point précis. À moissac il faut remettre du sens dans les bâtiments vacants. Concernant le commerce nous avons 60 boutiques vides. Le port de Moissac, le rapport de la ville avec le Tarn doit être privilégié. La place des récollets est aussi un lien sur sur lequel ont peut ré-organiser la rencontre.

Ignace (TEMS) : la lutte contre les marchands de sommeil doit être forte

Daniel (TEMS) le canotage peut être important notamment pour traverser le pont Napoléon

Marie(TEMS) je déconseille le vélo sur le pont Napoléon

Daniel (TEMS) le canotage permettrait de franchir le Tarn

Didier : peut être qu’il n’y a pas d’intérêt de faire venir plus d’habitants à Moissac. Est ce qu’on aurait pas besoin de nature dans la ville plutôt que des commerces ou des habitants ?

Daniel (TEMS) : on croit aux micro-projets permettant de favoriser la rencontre. Pourquoi ne pas créer un parcours pédestre. Quand on dit que les bulgares vivent dehors, il faudrait que tous les Moissagais profitent de leurs espaces publics.

Dominique (TEMS) : au vu du réchauffement climatique, des lieux doivent être aménagés pour vivre dehors

Estelle (TEMS) : les Moissagais, pour se réapproprier la ville, doivent être incités par un nouvel aménagement de Moissac. Il faut favoriser la mixité générationnelle et culturelle. Cet aspect n’est pas contradictoire avec un développement du tourisme dans la ville.

Didier : dans une ville en Espagne, la municipalité a donné un bâtiment à rénover à des habitants qui en échange reverse un petit loyer à la mairie.

Daniel (TEMS) : concernant le réchauffement climatique, nous devons prendre en compte le développement durable en re-perméabilisant les sols et en végétalisant une ville on peut perdre entre 3 et 6° l’été. Ces solutions peuvent être initiées rapidement. Il faut aussi parler de la gestion de l’eau dans les sols.

Jean François (ENRCIT) : M. Berthoumieux, climatologue, incite à la végétalisation et l’installation de brumisateurs

Dominique (TEMS) : dans les villas romaines des voies d’eau étaient prévues dans les maisons

Franck (TEMS) : on a beaucoup parlé ce soir de micro-initiatives. Il est important de mobiliser les citoyens pour soumettre des propositions aux élus. C’était la dernière réunion thématique du collectif TEMS . Lors de la prochaine réunion, le 23 octobre 2019 à 19H au Chapon Fin, nous restituerons les propositions faites lors des réunions thématiques du collectif et nous annoncerons celles que le collectif TEMS retient dans son programme.

 

Notre pays traverse une crise sanitaire sans précédent. La priorité de tous doit être de préserver sa santé. 

Dans ce cadre nous décidons bien entendu de suspendre notre campagne et appelons chacun à rester chez soi et à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité.

Dans ce contexte particulier, peu propice à l’exercice de la démocratie, le premier tour des élections a néanmoins eu lieu.

Il a été marqué par une forte abstention, dans notre ville comme ailleurs en France. Les résultats sont entachés par cette situation mais ils existent.

Plus de 23% des électeurs nous ont fait confiance. Nous les en remercions. Ce score démontre que notre démarche a été entendue par les Moissagais.

Cependant l’élément marquant d’un point de vue électoral est le score du Rassemblement National. A Moissac, dans notre ville, l’ancien attaché parlementaire de Marion Maréchal Le Pen et toujours salarié du Rassemblement National, obtient 47%.

La situation de notre ville est critique. Moissac pourrait être gérée demain par des techniciens idéologues envoyés par le parti d’extrême droite.

Durant nos 5 années de rencontre avec les Moissagais nous avions parfaitement entendu l’inquiétude, l’exaspération et le désir de changement. Notre programme en tient compte et c’est pourquoi nous pouvons aujourd’hui assurer qu’aucun des problèmes à l’origine de ce vote ne restera sans réponse. Ce n’est pas par des rodomontades et des postures que nous résoudrons ces questions mais en agissant concrètement avec tous les Moissagais.

L’alternative que nous proposons est construite par un travail de fond sur la ville. Nous l’avons mené avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitaient et nous appelons toutes celles et tous ceux qui croient que notre ville n’est pas condamnée à devenir un laboratoire d’expérimentation de l’extrême droite à rejoindre cette démarche.

Nous pensons que Moissac mérite mieux que ce qu’on lui promet aujourd’hui, que Moissac mérite d’avoir un avenir serein, un avenir construit sur le dialogue et le respect de tous, sur l’ambition et la compétence.

Notre démarche dépasse les clivages politiques, notre majorité sera une majorité de projet pour Moissac et pour tous ces habitants, une majorité diverse et plurielle et non une assemblée aux ordres d’un parti.

Nous espérons également que la sagesse l’emportera, que le processus électoral sera interrompu et que nous pourrons le reprendre sereinement dans quelques semaines.

En attendant nous vous rappelons que la priorité est de vous protéger, de protéger les autres et de permettre à tous les professionnels de santé de travailler dans les meilleures conditions  possibles.

Estelle HEMMAMI

Territoires et Moissac Solidaires