Réunion publique du 11 septembre 2019

MOISSAC, VILLE AGRÉABLE ET DURABLE

Rénover et entretenir Moissac

Centre culturel Henri Ena – 24 participants 

Les réunions publiques de TEMS ont pour but de débattre des axes du projet pour Moissac préparés par les membres du collectif. Il n’est pas question d’y présenter un programme, mais d’y discuter et recueillir des propositions venant du plus grand nombre de personnes possibles.
A l’issue de ces réunions, le 23 octobre, une synthèse construite autour des 9 axes d’action sera présentée, ce sera la matière du projet programme que TEMS proposera et défendra lors des prochaines élections municipales à Moissac.

Ce projet se veut être le plus pertinent par rapport aux spécificités de Moissac et de son environnement, loin des programmes tout faits plaqués sur des réalités urbaines souvent très différentes

Robert (TEMS) : Moissac, c’est d’abord pour chacun d’entre nous une ville chargée d’histoire. Elle possède un patrimoine très riche, classé à de multiples titres (Monuments historiques, Patrimoine mondial, Ville d’Art et d’Histoire…). 

Cela fait de notre cité la première destination touristique du département. C’est un formidable atout mais c’est aussi d’énormes contraintes en matière d’entretien et de rénovation. Cela vaut pour ce patrimoine bien sûr, mais aussi pour l’ensemble de la ville et de ses capacités d’évolution.

Cela se traduit par des questions en ce qui concerne, entre autre :

    • la gestion des déchets (collecte, transport, calendrier, tri…)
    • le logement (logements vides, insalubres, mixité sociale…)
    • les liens entre les quartiers (amélioration de la vie et de l’économie…)
    • l’entretien des bâtiments liés aux services publics et à leur fonctionnement
    • l’entretien et le fonctionnement des réseaux d’énergie au sens large
    • la rénovation des quartiers et la création de nouveaux espaces

Daniel (TEMS) :
1 – Etre citoyen c’est être membre de la cité… C’est avoir des droits et des obligations.

MOISSAC souffre d’une image contrastée tant sur le plan de l’entretien des espaces publics que sur le plan des espaces enherbés, notamment le long des voies de circulation et des berges.

D’où la question :
Comment inciter les citoyens à devenir acteurs de l’entretien de l’espace urbanisé et des friches agricoles, industrielles et privées ?

Estelle (TEMS) : Quand on est propriétaire d’une friche, c’est très compliqué d’agir parce qu’il faut dépolluer, désamianter, éventuellement sortir les squatteurs, avant de trouver un acheteur à un prix acceptable.

Maximilien : Il faudrait faire un recensement des friches, de même pour les logements inoccupés. A Gandalou, la vigilance et l’action des citoyens, en lien avec la mairie et les riverains, a permis la fermeture et l’évacuation de la décharge illégale (16 000 tonnes de gravats et déchets) : le propriétaire a été obligé par la justice a nettoyer son terrain.
Sur un autre plan, des règles de bonnes conduite pourraient être imposées aux organisateurs de manifestations sur le nettoyage, le tri et l’évacuation des déchets.

Chantal : Dans la vie quotidienne, c’est plus difficile, les poubelles traînent dans la ville, les habitants ne sont pas responsables de leur évacuation par exemple.

Régis : en ce qui concerne l’entretien des friches privées, on ne peut rien faire, mais la mairie peut aider à les transformer. Récemment, une association cherchait des bâtiments inoccupés pour en faire des logements sociaux, mais la mairie n’a pas su trouver les bâtiments nécessaires… ils existent pourtant.

Daniel (TEMS) : le PLU (plan local d’urbanisme) fixe les règles de défrichement, de ravalement des façades, etc. Il faut trouver les outils juridiques pour intervenir.

Jacqueline : Les silos près du port canal appartiennent à une entreprise, mais ils sont invendables parce que classés et protégés, et inexploitables. Que peut-on en faire ?

Marie (TEMS) : On peut conserver leur aspect mais en faire autre chose, leur trouver une nouvelle utilité.
En ce qui concerne la rénovation, quand j’étais adjointe, nous avons mené une OPAH (opération programmée d’amélioration de l’habitat), la mairie y était incitative.
Il y a aussi le problème des trottoirs dans de nombreuses rues, ils sont trop abimés pour y circuler normalement, notamment avec des poussettes.

Yannick P : l’OPAH doit d’abord viser à améliorer les logements, les façades c’est juste un plus.

Marie (TEMS) : nous avons fait rénover 150 logements. Mais pour bénéficier de l’aide, les propriétaires doivent ensuite pratiquer des loyers modérés et certains d’entre eux préfèrent retirer leurs appartements du marché de la location plutôt que d’avoir à respecter cet encadrement.

Yannick P : le département ne semble pas pouvoir faire face aux besoins en matière de logements sociaux. Faut-il créer un office HLM municipal ?

Maximilien : actuellement il y a une volonté de la mairie de Moissac de limiter les logements sociaux pour ne pas attirer la précarité, il n’y a aucune volonté de presser les propriétaires à rénover leurs logements.

Marie (TEMS) : mais nous avions été contraignants en ce qui concernait la rénovation des taudis.

Daniel (TEMS) :
2 – Comment gérer les déchets en site urbain/périphérique et sous quelles formes ? 

Nachida (TEMS) : En ville on trouve souvent des sacs poubelles éventrés par des animaux, mais il n’y a pas de containers pour les déposer. Que faire alors ?

Régis : Moissac n’est pas plus sale qu’une autre ville, le stockage des sacs c’est un problème général.

Ignace (TEMS) : tous les sacs devraient pouvoir être déposés dans des containers.

Yannick B (TEMS) : la collecte des déchets des particuliers est une obligation de la mairie, mais pas en ce qui concerne les usines, les grandes surfaces etc. Là où on a fait payer la collecte des gros producteurs de déchets, on a constaté qu’ils ont réduits la quantité de déchet…
Il y a un problème de cadence de ramassage, par fortes chaleurs il est impossible de garder les poubelles à l’intérieur des logements à cause des odeurs et de l’hygiène.
Par ailleurs il faut tendre vers le 0 déchet.

Frédéric : on peut faire changer les habitudes individuelles, composter le maximum de déchets par exemple.

Maximilien : Une entreprise privée de castelsarrasin, APAG environnement, a une activité de collecte et de traitement de déchets organiques (végétaux, débris de bois, déchets organiques en décomposition). L’entreprise Boyer a une usine de métanisation des déchets de fruits, mais elle est sous-dimensionnée pour son activité, elle fait appel à APAG pour le surplus de déchets.

Dominique (TEMS) : On doit apprendre aux enfants à réduire les déchets, c’est un rôle de l’école.

Chantal : dans ses formations, le lycée agricole, enseigne les techniques de compostage.

Robert (TEMS) : les enfants sont très curieux de voir et comprendre le processus de décomposition du compost.

Estelle (TEMS) : le SIRTOMAD (syndicat mixte de traitement des ordures) propose des interventions pédagogiques. Les centres de loisirs ont des petits jardins, animateurs et employés municipaux montrent aux enfants quoi faire des déchets végétaux.

Dominique (TEMS) : à Lyon par exemple, il y a au pied des immeubles des bacs de compostage.

Estelle (TEMS) : il y en a deux à Moissac, au port et au Sarlac.

Françoise : un animateur de la communauté de communes intervient sur la question du traitement dans les écoles et les entreprises 

Yannick P : Les fauchages au bord des routes doivent être mesurés. Il faut peu de fauchages mais aux bonnes périodes.

Françoise : des berges du Tarn ont été défrichées pour faciliter l’accès des pêcheurs, mais c’est une catastrophe, il n’y a plus rien, plus de vie ! La végétation sert à maintenir les berges et à préserver la bio-diversité.

Véronique (TEMS) : des platanes ont été taillés en période de nidification. C’est évidemment néfaste aux oiseaux.

Maximilien : Il faut faire attention aux platanes, beaucoup sont malades et risquent de tomber.
La déchèterie de Moissac n’est plus adaptée, trop petite et plus adaptée aux véhicules actuels.
Pour les fossés, il faudrait nettoyer le fossé lui-même et préserver le bord supérieur.

Yannick P : Il faut aussi signaler le problème des effaroucheurs d’oiseaux et des canons anti-grêle. La pollution sonore se mesure et les riverains sont victimes du bruit.

Daniel (TEMS) : Les conteneurs collectifs produisent des odeurs, enlaidissent le paysage, et gèrent le passage, quelles solutions trouver ?
Que faire contre les personnes qui n’utilisent pas les poubelles publiques ? Une commune a choisi de supprimer toutes les poubelles pour encourager les initiatives individuelles.

Régis : Oui mais attention, en général quand c’est sale on jette les ordures n’importe où, quand c’est propre on respecte.

Ignace (TEMS) : A Valence, il y avait le problème des conteneurs individuels qui étaient laissés dehors sur les trottoirs, la police municipale a obligé les habitants a les rentrer, il a fallu 5 ans, mais aujourd’hui plus un conteneur ne traine dehors. 

Robert (TEMS) : les services municipaux doivent être exemplaires. Un agent pourrait pourrait noter les problèmes pour que les services concernés les résolvent ensuite.

Estelle (TEMS) : il semble cependant qu’il y ait réduction de personnel, le nettoyage des rues est fait moins souvent.

Yannick B (TEMS) : au COSEC, les haies ont été enlevées (pourquoi d’ailleurs ?), mais les ordures qui étaient laissées au pied des arbustes n’ont pas été ramassées.

Estelle (TEMS) : 32 poubelles publiques pour 13 000 habitants, c’est très peu…

Daniel (TEMS) :
3 – Et enfin, dans le vaste domaine qu’est l’habitat :
Existe-t-il une possibilité de mener, avec peu de moyen, des projets expérimentaux à une petite échelle en comptant sur la population pour les étendre par la suite à une plus grande échelle ?

Yannick P : il faut des orientations claires sur l’habitat. Il faut intervenir sur l’habitat des personnes âgées, les EHPAD sont insupportables et trop chères.

Daniel (TEMS) : Il faut éviter les ghettos, éviter de reléguer les personnes âgées. Il faut les inclure dans la vie de la cité. Quel habitat expérimental pour la mixité sociale ? Exemple des babayagas.

Françoise : plusieurs expériences sont menées à Toulouse.

Robert : A Bioule, la cantine est commune à l’école et à l’EHPAD

Dominique (TEMS) : à Moissac, l’EHPAD est trop loin de la ville

Nachida (TEMS) : quel habitat pour les personnes âgées en bonne santé ? Elle ne veulent pas se retrouver avec des malades tout en souhaitant être aidées dans la vie quotidienne.

Josiane : les lotissements ne favorisent pas les échanges.

Frédéric : Il est difficile d’obtenir un permis de construire pour une maison autonome, difficile d’obtenir un prêt bancaire. C’est une solution écologique efficace mais les démarches administratives découragent d’y recourir.

Marie (TEMS) : les contraintes viennent aussi des plans de prévention des risques, à Moissac nous sommes concernés par les inondations et les glissements de terrain. Il faudra faire évoluer le plan local d’urbanisme pour y rendre possibles les innovations en matière d’habitat.

Estelle (TEMS) : Il faut aussi inciter à réoccuper le centre ville par exemple en limitant les possibilités de construction dans les zones périphériques

Marie (TEMS) : le logement en centre ville doit être prioritaire où presque 20% des logements sont vides. Sinon Moissac deviendra une ville musée. 

Jean-Paul (TEMS) : je suis prêt à faire un EHPAD chez moi, à la ferme. Il y aurait des vaches, des chèvres, des légumes, également des ateliers animés par des artisans retraités

Yannick B (TEMS) : dans certains pays il est possible de payer une partie du loyer en services rendus à la communauté.

Frédéric : Les expériences de loyer à 1€ en échange de services fonctionnent souvent bien.

Daniel (TEMS) : l’urbanisation imperméabilise les sols, il faudrait y remédier en végétalisant les toits.