Réunion publique du 26 juin 2019

MOISSAC, VILLE SÛRE

Développer l’économie solidaire

Centre culturel Henri Ena – 29 participants

Les réunions publiques de TEMS ont pour but de débattre des axes du projet pour Moissac préparés par les membres du collectif. Il n’est pas question d’y présenter un programme, mais d’y discuter et recueillir des propositions venant du plus grand nombre de personnes possibles.
A l’issue de ces réunions, le 23 octobre, une synthèse construite autour des 9 axes d’action sera présentée, ce sera la matière du projet programme que TEMS proposera et défendra lors des prochaines élections municipales à Moissac.

Ce projet se veut être le plus pertinent par rapport aux spécificités de Moissac et de son environnement, loin des programmes tout faits plaqués sur des réalités urbaines souvent très différentes

Estelle (TEMS) : L’économie solidaire est un choix politique.

Qu’est-ce que c’est ?
Cela regroupe l’ensemble des structures économiques dont le statut, l’organisation, le financement et l’activité sont basés sur le principe de la solidarité, de l’équité et de l’utilité sociale.

Les principes fondamentaux :
– une finalité d’intérêt général
– une gouvernance démocratique
– un ancrage territorial
– une libre adhésion
– une lucrativité limitée.

Nachida (TEMS) : TEMS souhaite remettre de la solidarité dans l’économie.

Pourquoi ?
– Parce qu’on voit que l’environnement se dégrade ( pourtant des moissagais se mobilisent pour nettoyer les berges par exemple ) .
– Parce qu’on souhaite recréer des liens entre les personnes et que chacun trouve sa place dans la société.

Quelques exemples d’actions
Ciné-citoyen, lieu d’accueil ( Escale Confluences) , centre social du Sarlac, S.E.LE ( système d’échange local).

Les questions que nous nous posons :

Pensez-vous que la solidarité est liée au pouvoir d’achat ? (le mouvement des gilets jaunes a beaucoup réfléchi autour de cette question par exemple )

– Peut-on réduire les inégalités par l’économie solidaire et sociale ? ( par exemple : « le fil de soie » ; coopérative Mouvement Ouvrier ; regroupements artisans ;bar associatif ; épicerie paysanne et culturelle ; café bricol’tout ; tiers-lieux redynamiser le centre social – souhait de la CAF – ; créer du commun….)

Maximilien : Les coopératives existent à Moissac, notamment certaines stations fruitières. Pratiquent-elles l’économie solidaire dans la réalité ?
Nécessité de se mettre d’accord sur les statuts qui existent. On doit faire de la place à la solidarité : si on doit rentrer dans un domaine lucratif, ça change le regard.
Y a-t-il nécessité d’un accompagnement municipal pour créer une coopérative ouvrière ? Par exemple, dans le bâtiment, les travailleurs ne trouvent pas de repreneurs par rapport à la pénibilité du travail.

Estelle (TEMS) J’ai parlé des principes fondamentaux car même si le système coopératif existe, il y a des éléments dont on est loin.
Volonté de TEMS : choix politique de remettre la solidarité en priorité, et favoriser le commerce solidaire.

Jean-Luc (TEMS) : il y 2 axes coopératifs :
– le mouvement coopératif ouvrier
– les coopératives professionnelles : agricoles, assurances, banques, consommateurs… le Crédit Agricole est une coopérative !!!
Le mouvement coopératif ouvrier est né au 19è siècle en réaction au pouvoir capitaliste naissant avec la révolution industrielle.
La loi de 1947 lui donne toute sa légitimité. Il y a deux formes principales de coopératives : les SCOP (sociétés coopératives et participatives, les SCIC (sociétés coopératives d’intérêt collectif) qui permettent de réunir des salariés, des clients, des collectivités publiques au sein de la même entreprise ( par exemple Réseau Pouce, ENERCIT qui réunit des producteurs d’énergie renouvelable …)

Yannick (TEMS) : Nécessité d’opérer un distingo entre activité à but non lucratif et activité purement gratuite. Ce qui manque à Moissac c’est le lien entre les différentes associations qui existent, ce qui ne permet pas de créer de solidarité.

Estelle (TEMS) : Escale Confluences + M.A.J. + Mairie : des liens semblent émerger…

Frédéric : un projet émerge entre ces 3 partenaires (“les invisibles”) : son objectif est de lever des freins pour l’entrée en formation et l’emploi des jeunes en rupture. 538 jeunes sont repérés à Moissac…Le taux le plus important de la région Occitanie et notamment des jeunes filles/femmes « invisibles » et des jeunes « invisibles » décrocheurs.
En France, environ 150 000 jeunes sortent de l’école avec un fort taux d’illettrisme ! Il faut « tricoter » au plus près pour leur permettre de se raccrocher au système.

Maximilien : Mon souci : quelle action a la puissance publique par rapport à ça ? Comment redonner du sens à la puissance publique ?
Comment construire une charte autour de l’accompagnement de projets solidaires ? Faut-il inclure l’intercommunalité ?
On a autant de gens en difficultés dans les petites communes. Combien de maires se plaignent de départs en retraite non remplacés…. !

Anne : Je trouve intéressant ce qui est dit depuis le début : proposer des formes d’accompagnements collectifs/coopératifs au lieu d’accompagnements individuels ( auto-entreprise ). Le portage salarial, ça existe aussi. Dans le regroupement, il y a une transition écologique et humaine.

Estelle (TEMS) : Exemple de ce maire en Bretagne qui axe toute son action sur l’écologie. Quand il y a une démarche municipale très claire, les électeurs adhèrent parce que c’est précis.

Michèle : Qu’est-ce que le portage salarial ?

Anne : Exemple : OZON : accompagnement à la création d’entreprise en donnant un statut salarié à des travailleurs indépendants.

Jean-Luc (TEMS) : Il y a des grosses entreprises de portage salarial qui prennent environ 40 % aux adhérents et favorisent plutôt le cloisonnement. OZON a un fonctionnement inverse qui laisse leur autonomie aux associés.

Marie (TEMS) : Il faut veiller à avoir la notion d’intérêt général. Rencontre entre toutes les couches de la société( cf : le fil de soie ). Pas d’ostracisme, rejet de la pauvreté.

Véronique (TEMS) : Je pense au S.E.L. (système d’échange local) où on peut être riche au niveau de la solidarité sans avoir forcément de l’argent.

Jean-Luc (TEMS) : C’est une forme d’économie très solidaire.

Françoise : par exemple, 1 heure d’intervention correspond à 75 grains de chasselas.
Intérêt : c’est pas une relation à 2 mais un échange plus large.
Ce qui marche aussi, c’est Goggle… Un catalogue avec environ 70 adhérents : les gens proposent des services. Depuis environ un an, mise en place d’un « café bricol’tout » où certains apprennent aux autres à réparer.
Création d’un atelier couture, d’un atelier téléphone, d’un atelier informatique…

Anne : C’est un endroit où il y a des temps conviviaux : auberge espagnole, QI Gong, Réflexologie….

Françoise : il y a aussi le B.L.E. : bourse locale d’échange.

Estelle (TEMS) : Pouvez-vous mesurer combien de personnes vous touchez ?

Françoise : 70 adhérents, + ceux qui viennent non-inscrits. Il y a une réelle mixité.


Anne : au niveau du café bricol’tout, environ 10 à 15 objets réparés à chaque rencontre.

Françoise : ,un temps avec un intervenant communal pour le tri. Des ateliers vont se mettre en place qui vont dans cette direction aussi.

Sonia (TEMS) : il faudrait réfléchir à un tiers-lieu où tous les âges sont accueillis sur le support d’échanges culturels ( jeux….)

Estelle (TEMS) : une première réunion prévue mi-juillet au niveau de l’intercommunalité avec l’idée de tiers-lieu…mais c’est plutôt au niveau des entreprises.

Frédéric : MAJ va louer un lieu approprié pour une tâche particulière : autre mode de tiers-lieu. Ce qui se profile au niveau de l’intercommunalité, c’est plutôt une location avec des tarifs préférentiels…mais y-aura-t-il accessibilité pour tous ?

Jean-Luc (TEMS) : ce sera un espace réservé aux travailleurs indépendants, créateurs d’activité…

Sonia (TEMS) : le tiers-lieu est conçu pour être un lieu d’échanges artistiques par exemple.

Maximilien : Attention aux mots qu’on utilise ! Le monde actuel a dévoyé tous les snes ( cf : Me Barèges se réapproprie « la maison du peuple » à Montauban pour en faire un tiers-lieu…)
Attention aux circuits entre les associations qui se croisent et ne se rencontrent jamais : ça ne crée pas du commun !
L’intercommunalité : Recréer ce lien là à condition que les élus investissent ce champ-là pour mettre du lien. Le monde néo-libéral a bien compris comment détourner tout cela. prenons l’exemple de la SODEXO : ils ont dit la même chose, et maintenant, ils ont verrouillé tous les petits producteurs…

Anne : l’espace DARWIN à Bordeaux, d’autres à Berlin… sont de bons exemples de tiers lieux. Comment fait-on pour que ce soit des lieux de vie qui appartiennent aux usagers ?

Sonia (TEMS) : autre exemple, à Paris « le 101 » dans le 19è arrondissement.

Françoise :« la cheminée » à Septfonds…

Yannick (TEMS) : la différence, c’est qu’ily a toujours une minorité au départ qui a mis en place des rendez-vous réguliers, ce qui a drainé d’autres personnes . Ici, à Moissac, c’est différent . Il faut penser aux jeunes : il n’y a pas de lieu d’expression pour eux !

Sylvain : je suis inscrit à une formation à Toulouse et je dois pointer une fois par semaine, j’irai à la Maison de l’emploi de Valence qui est gérée pour la formation à distance financée par le Conseil régional. A Valence et la notion de tiers-lieu existe au niveau de l’aménagement du territoire

Anne : Les compétence économique et de formation dépendent de la région. Ça fonctionne par appels à projets : il faut être vigilants !

Anne : En ce qui concerne la participation citoyenne : cela se passe dans les débats cinétoyens on y aborde ce dont on parle ici ce soir (notamment la transition écologique). Les gens sont prêts.
L’intercommunalité lance un plan climat Air/Energie : qu’est-ce qu’on fait tous ensemble individus et entreprises… ?

Maximilien :deux infos de dernière minute :

– la Maison du Peuple est bien reprise par Me Barèges

– l’Espace Montauriol va être rouvert par décision préfectorale.

Gérard :Je veux re-citer le fonctionnement du bar associatif de Montesquieu ( 700 adhérents pour environ 700 habitants….!) Au plan économique, on fait participer/vivre des agriculteurs locaux, distribution de légumes bio, séances de cinéma avec Quercimage, le bar se fournit à la cave de la Fiole… on fait vivre l’économie locale. Nous sommes 30 au conseil d’administration et nous participons à tout !