Réunion publique du 5 juin 2019

MOISSAC, VILLE SÛRE

Favoriser l‘accès à la santé

Centre culturel Henri Ena – 34 participants 

Les réunions publiques de TEMS ont pour but de débattre des axes du projet pour Moissac préparés par les membres du collectif. Il n’est pas question d’y présenter un programme, mais d’y discuter et recueillir des propositions venant du plus grand nombre de personnes possibles.
A l’issue de ces réunions, le 23 octobre, une synthèse construite autour des 9 axes d’action sera présentée, ce sera la matière du projet programme que TEMS proposera et défendra lors des prochaines élections municipales à Moissac.

Ce projet se veut être le plus pertinent par rapport aux spécificités de Moissac et de son environnement, loin des programmes tout faits plaqués sur des réalités urbaines souvent très différentes

Sonia (TEMS) : «  favoriser » c’est-à-dire « agir en faveur de », prêter assistance, aider, secourir, servir, entretenir…

Tout habitant de Moissac doit pouvoir accéder au soin et à la santé, qui est un droit fondamental .

Développer des établissements structurants

Prendre soin de l’hôpital

Prendre soin de la population vieillissante

prendre son de la population « précaire »

Favoriser la prévention

L’accès à la santé est un gage d’attractivité pour des nouveaux arrivants

Jean-Luc (TEMS) : les constats : le secteur médical est en grande difficulté actuellement ( départ en retraite de médecins qui ne seront pas remplacés…) : les nouveaux arrivants ne trouvent pas de médecin traitant. La fin du numerus clausus est programmée dans le cadre de la loi Buzyn mais il faut envisager environ une dizaine d’années d’attente pour que cela entre en vigueur !!!

Quel sera le statut de l’hôpital de Moissac ?
Même secteur administratif que Montauban et il servira alors de variable d’ajustement.

La qualité des soins dépend du nombre d’actes pour certains, pour d’autres, c’est le nombre de soignants qui sert de référence…

Les critères financiers dominent la prise de décision avant les critères politiques sociaux et  humains.

Problème de la complémentaire santé pour un nombre de plus en plus grand de personnes avec des petits revenus ( personnes âgées, saisonniers…) ce qui rend précaire l’accès à la santé.

Sonia (TEMS) : Un contrat social de santé ( lié à l’Agence Régionale de Santé ) au niveau de la communauté des communes a été proposé hier soir à la réunion d’étude des projets.

Il comporte un programme d’actions qui vise à réduire la précarité

Nos questions :

    • Quelles sont les difficultés que vous rencontrez vous-mêmes pour accéder au soin ?
    • Quelles en sont les conséquences ?
    • Quelles expériences connaissez-vous autour de vous ? ( maternité….)
    • Quelles solutions ?
    • La santé ne dépend pas d’une compétence communale….mais que peut-on attendre des élus dans ce domaine ?

Sonia (infirmière à l’hôpital depuis 30 ans) témoigne des difficultés d’une amie pour trouver  un médecin traitant depuis le départ en retraite de son médecin.

Pour l’hôpital, c’est pire, je le vois se dégrader depuis 3 ans environ.  Il est en train de mourir. On n’est pas dans la loi Buzyn.

A l’heure actuelle, le plateau chirurgical a perdu un médecin spécialiste en viscéral il y a 8 mois et il n’est toujours pas remplacé. Les urgences digestives seront désormais transférées sur Montauban.

Je pense que la direction de l’hôpital ne fait pas ce qu’il faut pour remplacer. 

Jean-Paul (ancien maire de Moissac, association de défense de l’hôpital de Moissac) ajoute ”malgré l’autorisation de la H.A.S”. 

Les jeunes chirurgiens ne veulent pas venir travailler seuls car pour débuter, c’est trop compliqué.

On ne peut pas tout faire à Moissac. Le remplaçant qu’on a eu en Mai et qui voulait bien rester en Juin et Juillet n’a pas été contacté par la Direction….

Sonia (infirmière) Pour la chirurgie, l’anesthésie,… on n’aura personne.Le personnel des Urgences se met en Grève à partir de demain matin. A Montauban, ils y sont depuis déjà une semaine.

Le planning des urgences : 4matins

1 journée de 10h

1 repos

4 soirs

Les aide-soignants sont hors-la-loi s’ils assument ce poste tel qu’on leur propose actuellement (4 aide-soignants ont été auditionnés en gendarmerie il y a quelques années…)

Jean-Paul : site : « coordination nationale des hôpitaux de petite ville »…. beaucoup ferment.
On a perdu la maternité (c’était politique) ; on a réussi à sauver la chirurgie (jusqu’à quand ?) et le relais avec Montauban ne fonctionne pas…

On fait des démarches. Le comité de défense de l’hôpital a un problème de coordination avec le personnel, les syndicats…on n’arrive pas à fonctionner ensemble.

Sonia : problème de communication avec la direction.

Jean-Paul : ça permet toutes les rumeurs… Il y a des praticiens qui viennent mais on ne sait pas quel est le contenu de la discussion. Le chirurgien peut avoir des exigences mais je ne sais pas ce qui s’est passé

Maximilien (enseignant): Quel est le rôle des élus dans cette problématique ?

Ils n’ont pas la possibilité d’agir mais peuvent s’assurer d’une continuité des soins : il faut y réfléchir dans le cadre d’un service public en lien avec la continuité des soins.

Faire des vrais choix : un service qui va drainer les problèmes de l’intercommunalité. Réfléchir autrement (ex : Lavilledieu et Saint-Porquier)

On est démunis sur la question des jeunes de plus de 16 ans.

On est démunis sur la question des épidémies ( cf la rougeole ) qui reviennent.

Sur le plan de la santé, quand des individus sont dans l’impossibilité de se soigner au sein d’une population donnée, cela constitue un danger pour l’ensemble de la population.

Le service de santé publique doit être renforcé pour les écoles et pour les saisonniers : actuellement, c’est Agen qui accueille les saisonniers de Moissac…

Il faut envisager des mesures pour faire venir des médecins, du personnel…

Daniel (association des usagers de l‘hôpital) : les élus n’ont aucun pouvoir en matière de santé. Le conseil de surveillance de l’hôpital  public n’est pas représenté au conseil d’administration. On est informé mais on n’a aucun pouvoir. Je fais partie de la commission des usagers et là, on peut demander des comptes.

Jean-Luc (TEMS) : en ce qui concerne la continuité des soins dont parle Maximilien, le seul recours actuel reste les Urgences. 

Sonia : Un médecin généraliste à l’hôpital, pourquoi pas ?

Jean-Paul : les médecins libéraux peuvent jouer un rôle. Les collectivités, les associations peuvent créer des structures pour éviter la désertification du soin. L’hôpital appartient au service public national : il y a une hiérarchie de soins. La chirurgie digestive, c’est compliqué . Il n’y a pas de pôle oncologie à Moissac, c’est à Montauban. Il faut envisager une organisation territoriale. Il faut exiger que nos structures actuelles subsistent.

Daniel :  la continuité des soins… Je suis choqué. Il y a un lobby médical autour des maisons de santé. On met des bâtiments publics à disposition de libéraux : c’est obsolète. Il faut penser autrement. Au niveau du conseil de l’ordre, ils ne font rien pour les médecins… par exemple, répartir les libéraux sur le territoire de façon plus équilibrée. Cela fonctionne pour les infirmières, les kinés, pourquoi pas les médecins ?

Maximilien : il faut créer du lien entre les différents espaces qui nécessitent une surveillance médicale ( assos sportives……)

Jean-Paul : il est urgent de trouver des médecins de ville. Il y a un grave problème de saturation au niveau des Urgences puisqu’il n’y a plus de réponse du côté libéral.

Daniel :  Qui est intéressé par les maisons de santé ? Elles ne répondent pas au problème réel.

Jean-Luc (TEMS) un point supplémentaire à souligner : dans un Centre de santé public, c’est la structure qui est reconnue et  non des individus. C’est donc le Centre de santé public qui doit trouver des solutions pour remplacer le médecin qui part. Alors que une maison de santé, chaque praticien est libre de rester ou de partir, la seule responsabilité de la collectivité, c’est de payher les dépenses et les investissements.

Robert  (retraité) On peut prendre en exemple le « Grand Figeac » où un Centre de Santé Public a été créé et a accueilli 9 médecins stagiaires….c’est une ouverture intéressante pour permettre aux jeune de venir ensuite.

Daniel :  Il y a un gros travail à faire au niveau des élus pour faire le choix entre Maison de Santé et Centre de santé public.

Jean-Claude (médecin) : Que proposez-vous comme solution pour faire venir des généralistes ?  Il faut faire venir non pas des individus, mais le couple… et proposer une activité aux deux…

Vous ne changerez pas de but dans cet hôpital : qui va venir ici ???

Il y a 10 ans, j’avais proposé de transformer l’hôpital en secteur gériatrique. Il faut que Moissac devienne complémentaire ce qui existe ailleurs.

Que faire pour changer les buts de l’hôpital ? Il y a 10 ans, à Toulouse, ils étaient prêts à changer les objectifs mais Moissac ne l’a pas fait. Cette portion du département est très âgée (  environ 38 % en gériatrie )

Idées : proposer des fonctions à mi-temps ( salarié et libéral )

doter la mairie d’un bureau de recrutement…

Michel (association de défense de l‘hôpital) : Est-ce que l’hôpital de Moissac n’est pas en suspension à cause du projet de construction d’un nouvel hôpital à Montauban ?

Jean-Luc (TEMS) : Les structures actuelles ne permettent pas d’envisager de nouvelles stratégies pour le C.H. de Moissac et les stratégies nationales ne laissent pas de place aux stratégies locales.

Mais il y a alliance entre les maires des communes de St Porquier et Lavilledieu pour remplacer un médecin qui part à la retraite à 72 ans…et qu’il faut embaucher 2 médecins pour le remplacer.
Il y a également des luttes de pouvoir entre certains services de l’État ( Agence Régionale de Santé. et préfecture par exemple…) : on va construire quelque chose « contre » et  non « avec ».

Daniel :  ce que vous proposez n’est pas dans la mouvance actuelle.. C’est déjà trop tard. Regardez l’ Ehpad….  Il manque un poste infirmier et ce sont trois médecins libéraux qui tournent…

Sonia :  le comble du soin : pour des raisons administratives, par exemple, on n’a pas le droit de transporter sur Moissac le sang dont on a besoin pour les transfusions… !

Maximilien : Question : Est-ce qu’un Centre de Santé public peut créer des antennes partout ? Puisqu’il ne s’agit pas d’un lieu mais d’un projet avec des objectifs ?

Il faut travailler au niveau intercommunal….

Michel : le plus important, c’est la volonté politique. Dans l’Aveyron, ils se battent aussi et du coup, en 2017 il y a eu 12 départs…mais 21 entrants. C’est donc possible !

Une astuce, c’est d’accueillir des jeunes stagiaires… les jeunes médecins sont soutenus et ils s’intègrent alors !

Jean-Claude : il faut penser  à la vie de famille des jeunes médecins…

Daniel : J’ai fait partie de la conférence  territoriale de santé…et 10 ans plus tard, on est toujours au même point….ce qui signifie que l’on a régressé…..

 

Notre pays traverse une crise sanitaire sans précédent. La priorité de tous doit être de préserver sa santé. 

Dans ce cadre nous décidons bien entendu de suspendre notre campagne et appelons chacun à rester chez soi et à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité.

Dans ce contexte particulier, peu propice à l’exercice de la démocratie, le premier tour des élections a néanmoins eu lieu.

Il a été marqué par une forte abstention, dans notre ville comme ailleurs en France. Les résultats sont entachés par cette situation mais ils existent.

Plus de 23% des électeurs nous ont fait confiance. Nous les en remercions. Ce score démontre que notre démarche a été entendue par les Moissagais.

Cependant l’élément marquant d’un point de vue électoral est le score du Rassemblement National. A Moissac, dans notre ville, l’ancien attaché parlementaire de Marion Maréchal Le Pen et toujours salarié du Rassemblement National, obtient 47%.

La situation de notre ville est critique. Moissac pourrait être gérée demain par des techniciens idéologues envoyés par le parti d’extrême droite.

Durant nos 5 années de rencontre avec les Moissagais nous avions parfaitement entendu l’inquiétude, l’exaspération et le désir de changement. Notre programme en tient compte et c’est pourquoi nous pouvons aujourd’hui assurer qu’aucun des problèmes à l’origine de ce vote ne restera sans réponse. Ce n’est pas par des rodomontades et des postures que nous résoudrons ces questions mais en agissant concrètement avec tous les Moissagais.

L’alternative que nous proposons est construite par un travail de fond sur la ville. Nous l’avons mené avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitaient et nous appelons toutes celles et tous ceux qui croient que notre ville n’est pas condamnée à devenir un laboratoire d’expérimentation de l’extrême droite à rejoindre cette démarche.

Nous pensons que Moissac mérite mieux que ce qu’on lui promet aujourd’hui, que Moissac mérite d’avoir un avenir serein, un avenir construit sur le dialogue et le respect de tous, sur l’ambition et la compétence.

Notre démarche dépasse les clivages politiques, notre majorité sera une majorité de projet pour Moissac et pour tous ces habitants, une majorité diverse et plurielle et non une assemblée aux ordres d’un parti.

Nous espérons également que la sagesse l’emportera, que le processus électoral sera interrompu et que nous pourrons le reprendre sereinement dans quelques semaines.

En attendant nous vous rappelons que la priorité est de vous protéger, de protéger les autres et de permettre à tous les professionnels de santé de travailler dans les meilleures conditions  possibles.

Estelle HEMMAMI

Territoires et Moissac Solidaires